ARCHITECTURE, HISTOIRE ET CIVILISATION - MB ARKITEKT

Hot

Sunday, February 28, 2016

ARCHITECTURE, HISTOIRE ET CIVILISATION

ARTICLES RECOMMANDÉS POUR VOUS:



Il s’agit de saisir les approches pour la conception de l'espace architectural selon la vision de ceux qui ont laissé des témoignages de l'architecture, à travers l'histoire de l'humanité. Ceci, selon deux conceptions : la conception traditionnelle et celle moderne.

Une fois l'architecture comprise, il faudrait remonter l'histoire pour explorer ses origines et déceler ses traces. Là aussi, nous allons constater que l'approche traditionnelle, pour comprendre l'histoire, est différente de celle moderne.

Pour l'approche moderne, la période proprement historique remonte au 6e siècle avant l'ère chrétienne. Bien au-delà de cette "barrière historique", pour l'aube de l'humanité, IBN KHALDOUN propose le nomadisme et la sédentarité. Pour lui, la sédentarité qui est à l'origine de l'urbanisation.






Les monuments et sites architecturaux et urbanistiques ne sont pas toujours à la gloire de l'humanité, ils sont souvent l'œuvre de rois et systèmes "divinisés" aux tyrannies sacrées, opposées en général aux prophètes et aux penseurs de l'époque.
C’est une réalité historique constatée dans la plupart des périodes de la préhistoire à la Renaissance. Dans de nombreuses civilisations, tout monument religieux est en même temps un édifice utilitaire où se confondent le relatif et l'absolu.
L'architecture est un des reflets de la civilisation, ce qui nous amène à déterminer la notion de civilisation.

I - COMPRENDRE L'ARCHITECTURE

Il est évident d'affirmer qu'il n'existe pas une seule définition de l'architecture. Toutefois, l'approche traditionnelle en présente une collective et communautaire. Alors que l'approche moderne en présente une multitude proposée par des architectes.

1 – Quelques définitions de l'architecture


Il n'existe pas de vision objective des choses en art où chaque artiste saisit la forme et la couleur suivant son tempérament. Pour l'architecture, cette constatation illustre bien le côté subjectif de l’œuvre. L'architecte, de par son activité, touche différents champs.
La conception "moderne" permet une multitude de définitions mais spécifiques à chaque architecte.
Bruno TAUT, lors de l'exposition pour architectes inconnus à Berlin 1919 affirme : "Architecture signifie pour nous : invention de formes agréables pour des constructions utiles..."
Pour Le Corbusier : "L'architecture, c'est, avec des matériaux bruts, établir des rapports émouvants ... La passion fait des choses inertes un drame".
Ricardo PORRO : "L'architecture est la création d'un cadre poétique à l'action de l'homme".
GROPIUS écrit en 1919 : "Qu'est ce que l'architecture ? C'est l'expression cristalline des pensées les plus nobles de l'homme, de ses aspirations intimes, de son humanité, de sa foi, de sa religion ..."
Hölderlin affirme que "la poésie c'est transmuter le monde en paroles". En architecture, il s'agit de transmuter le monde où l'on vit en espace architectural.
Pour ce qui est du monde musulman, l'architecture musulmane – Al Bouniane – est la conception d'un cadre respectant rigoureusement les directives doctrinales pour l'action de l'homme et de sa communauté. Seulement, il est nécessaire d’aborder la notion d’Al Omrane qui détermine le cadre global de la conception d’Al Bouniane qui est l’une de ses principales composantes.
Al Bouniane peut être définie comme étant : "l’action de produire un espace susceptible de faciliter et de permettre la pratique sociale selon des orientations morales et cultuelles. Il s’agit d’une jurisprudence dont le sens est conforme aux aspirations des hommes et à leurs besoins spatiaux dans le cadre d’une vision doctrinale".

2 - L'espace en architecture, la forme et le contenu


L'interprète fondamental de l'architecture c'est l'espace. L'espace change lorsque les éléments qui le composent changent. La forme en architecture c'est l'espace.
La forme et le contenu sont indissociables. La forme, c'est la partie de l'œuvre d'art sensible et le contenu, c'est ce que la conception exprime par la forme. C'est dans la forme qu'on réalise le contenu. Ils forment une totalité.

3 - Cinq aspects du contenu

a. Le contenu immédiat

Le contenu immédiat existe dans un bâtiment où son programme, sa fonctionnalité s'expriment dans la forme ; il est "immédiat" parce qu'il est le plus proche des contenus, le plus facile à capter.

b. La tradition

Certaines déviations du langage traduisent une sorte de dégénérescence des idées correspondantes. Le nom "tradition" ne correspond pas à ce qui est d'ordre purement humain. Pour revivifier véritablement la Tradition il faut le contact de l'esprit traditionnel "vivant" qui reste toujours dynamique.
La tradition est l'âme des civilisations. C'est le leitmotiv par excellence qui permet la connaissance universelle comme celle des principes eux-mêmes.
Lorsqu'on parle en architecture de tradition, on ne parle pas de folklore : il s’agit de l'un des plus importants ses contenus. La tradition s'en va quand la culture locale s'affaiblit et cesse de s'y référer.
Elle ne reste pas forcément statique : elle assure, comme elle l'a toujours fait, la sauvegarde d'éléments qui devraient devenir les germes du monde futur. C'est l'authenticité dynamique qui se profile à l'horizon de notre proche avenir.

c. La persuasion

La "persuasion" existe quand l'architecture essaie de convaincre le spectateur-témoin d'une action quelconque.
Une autre forme de persuasion existe quand l'architecture tente, en employant tous les moyens expressifs, de convaincre le témoin d'une idée quelconque.

d. L'image superposée

L'architecture peut jouer avec des figurations abstraites ou concrètes. Il y a deux formes d'images superposées possibles en architecture : le symbole et l'image figurative.
Le symbole
Le symbole en art c'est l'effort de l'artiste pour trouver une représentation de quelque chose qui est abstrait. Par exemple, le chiffre 4 rattaché au carré et au cube, suggère l'idée de l'universalité.
Pour qu'il soit vrai, le symbole doit être d'une logique absolue. Un symbole peut signifier plusieurs choses à la fois et permettre plusieurs niveaux de lecture : par leur structure même, les symboles sont polyvalents. C'est l'éventail de ses significations qui forme le message du symbole.
Ayant une grande importance dans toutes les civilisations antiques, le point-centre est à la base de tout l'art musulman et Al Bouniane.
L'image figurative
La figuration rappelle directement dans sa forme quelque chose de concret. L'image figurative a pour but final de renforcer le contenu médiat.

e. Le contenu médiat

Le contenu médiat serait, dans l'œuvre architecturale, l'expression du moment historique où elle se réalise. Aucun des trois aspects du contenu dans l'architecture n'est une condition pour son existence, les seuls qui en seraient une condition sine qua non sont la tradition et le contenu médiat.
Une œuvre d'architecture cherche à devenir une image puissante d'un vécu collectif, une expression sensible de cette idée. Elle devient ainsi une véritable œuvre d'art témoin de la "situation limite" de ceux qui l'ont conçue : la contemporanéité.
Le dynamisme, l'expression de la technologie et le vitalisme, en tant que thèmes de ce contenu, marquent une continuité.
Depuis la révolution industrielle une ligne générale apparaît : la disparition de toute finalité principielle et le développement de quantité de moyens.
Le dynamisme
C'est le triomphe de la sédentarité où le temps, transformé en matière, se quantifie et se met au service de l'industrie. C'est une conception accentuée et exclusive de la sédentarité.
Deux aspects du dynamisme s'expriment depuis le 19e siècle en Occident : le cadre exact pour le mouvement du témoin/spectateur et l'expression du mouvement mais libéré du spectateur. Ce cadre où est utilisé le temps est l'adaptation de l'homme aux machines et son adhésion à l'industrie.
L'expression de la technologie
Etant l'expression de la machine ou de la technologie, ce thème est en évolution lui aussi, il peut être mêlé au dynamisme ou au 3ème thème ci-dessous.
Le vitalisme
Ce thème représente la tendance de l'homme à s'affirmer en tant qu'être vivant.
Des mouvements artistiques se développent en réaction contre la machine, accompagnés de courants "scientifiques" qui s'intéresse à la vie et des efforts déployés en psychologie: peut-on matérialiser l'immatériel (âme) par la psychanalyse?
Les lignes expressives du contenu médiat s'entremêlent souvent et qu'il est parfois difficile de préciser les limites de chacune d'entre elles.

II - HISTOIRE DE L'ARCHITECTURE 

Pour l'approche moderne de l'histoire, la période proprement historique remonte au 6e siècle avant l'ère chrétienne
.

1 - Les époques géologiques


C'est l'histoire de la formation de l'univers, antérieure à l'apparition de l'homme ou ce qu'on appelle l'histoire humaine. Selon la vision moderne, au début de la création, seul existait l'élément primordial, l'hydrogène, sous forme d'énormes nuages dont sont issues les étoiles et les planètes.
D'après cette vision, le soleil et la terre se formèrent il y a 4 milliards et demi d'années, à partir d'éléments qui étaient dans le centre d'autres astres de la galaxie, puis dispersés dans l'espace par l'explosion de ces astres.
Au début de sa formation, la terre offrait un aspect désertique, mais au bout d'environ un milliard d'années, la vie apparut à sa surface : comment expliquer ce fait ? Quelles conditions régnèrent sur la terre pendant ce premier milliard d'années ?
La vision moderne révèle qu'au cours des 3 milliards d'années suivant, un million d'espèces de végétaux et d'animaux sont apparus : pourquoi ces végétaux et ces animaux sont-ils apparus ? Quelles forces ont doté la vie des formes qu'elle possède ? S'il y a en un commencement, qu'y avait-il avant ? Que se passera-t-il lorsque toutes les étoiles auront disparu ?
La science n'apporte pas encore de réponse satisfaisante à la question la plus cruciale que se pose l'esprit humain : celle du commencement et de la fin.

2 - Les Changements qualitatifs de l'histoire


L’approche moderne affirme que l'homme n'existe que depuis à peine deux millions d'années, à partir de là commence, d'après cette vision, l'histoire de l'humanité. Les archéologues, préhistoriens et savants de notre époque traitent l'histoire, comme des physiciens mécanistes traitent les choses auxquelles ils ont affaire.
Les changements qualitatifs de la "figure du monde" sont parmi les choses qui seront toujours en dehors de la portée de ceux qui sont affectés de l'esprit "moderne" : "Ces gens sont tellement persuadés de leur "supériorité" qu'ils ne peuvent admettre l'existence ou la possibilité de quoi que ce soit qui puisse échapper à leurs investigations..."(René GUENON).
Les historiens modernes rencontrent dans le temps certaines "barrières" historiques plus ou moins complètement infranchissables. L'antiquité que l’approche moderne envisage n'est que relative où il n'y a plus alors aucune chronologie certaine.

3 - L'histoire dans la perspective d'IBN KHALDOUN


IBN KHALDOUN (733 H/1332 - 809 H/1406) étudie le fondement du pouvoir, ou l'origine des dynasties, et définit la méthode historique pour servir de base à une histoire explicative et causale.
Il écrivit : "M'introduisant par la porte des causes générales dans l'étude des faits particuliers, j'embrasse dans un récit explicatif l'histoire du genre humain ... J'assigne aux événements politiques leurs causes et leurs origines ... Les discours dans lesquels nous allons traiter de cette matière formeront une science nouvelle."
Il note l'influence du climat, de la géographie, et des phénomènes économiques sur la vie des peuples et étudie la structure et le fonctionnement des sociétés à partir de la division du travail.
Il donne une première formulation du "matérialisme historique". Son esprit synthétique cherche, derrière les phénomènes, la vie qui leur donne un sens. Condamnant ceux qui ne considèrent l'histoire qu'un "récit" et des "faits bruts", il ajoute : "Vue de l'intérieur, l'histoire a un autre sens".
Il évoque "au-dessus de tout homme de science, l'Omniscient" (Coran XII, 76), et établit une autre articulation entre la science et la foi : "l'histoire n'est pas déjà écrite, avant nous et sans nous. L'homme peut ne pas entendre l'appel, il est responsable de son destin". L'histoire dans cette perspective scientifique est faite de projets humains et de fins partielles, d'appels et de sursauts divins, de foi défaillante, martyre ou victorieuse.

4 - Nomadisme et sédentarisme


Deux sortes de peuples ont existé dès les origines de l'humanité : les sédentaires, adonnés à la culture de la terre et les nomades, adonnés à l'élevage des troupeaux.

a. Caractéristiques des peuples nomades et sédentaires

Les nomades se suffisent à eux-mêmes par le strict nécessaire, tandis que les sédentaires s'intéressent par leurs attitudes et habitudes aux choses superflues. La campagne est à l'origine de la ville : les campagnards se sont sédentarisés une fois qu'ils ont gouté puis apprécié le superflu au détriment du strict nécessaire.
Les nomades sont plus enclins à faire le bien que les sédentaires et leurs instincts sont foncièrement innés. Très peu enclins à recevoir des ordres, ils sont plus rudes et plus courageux que les sédentaires.

b. Activités des deux peuples

Les œuvres des peuples sédentaires sont, généralement, des œuvres du temps. Les peuples nomades et pasteurs n'édifient rien de durable et ne travaillent pas en vue d'un avenir qui leur échappe.
On retrouve ainsi la correspondance des principes cosmiques : celui de compression représenté par le temps et celui d'expansion par l'espace. L'un et l'autre des deux principes se manifestent à la fois dans le temps et dans l'espace.
Parmi les facultés sensibles, la vue a un rapport direct avec l'espace et l'ouïe avec le temps : les éléments du symbole visuel s'expriment en simultanéité, ceux du symbole sonore en succession. Ainsi, les sédentaires conçoivent les arts plastiques, comme l'architecture, la sculpture et la peinture, c'est-à-dire les arts des formes qui se déploient dans l'espace.
Les nomades eux conçoivent les arts phonétiques, comme la musique et la poésie, c'est-à-dire les arts des formes qui se déroulent dans le temps. Voici où se manifeste la complémentarité des conditions d'existence :
  • ceux qui travaillent pour le temps sont stabilisés dans l'espace ;
  • ceux qui errent dans l'espace se modifient sans cesse avec le temps.
Et voici où apparaît l'antinomie du "sens inverse" :
  • ceux qui vivent selon le temps, élément changeant et destructeur, se fixent et conservent ;
  • ceux qui vivent selon l'espace, élément fixe et permanent, se dispersent et changent incessamment.
Si l'une ou l'autre seulement de ces deux tendances compressive et expressive était en action, la fin viendrait bientôt, soit par "cristallisation", soit par "volatilisation".
C'est pourquoi le nomadisme, sous son aspect dévié, exerce facilement une action "dissolvante" sur tout ce avec quoi il entre en contact. De son côté, la sédentarité, déviée, ne peut mener en définitive qu'aux formes les plus grossières d'un matérialisme sans issue. Or, le temps use l'espace, et de même, au cours des âges, les sédentaires absorbent peu à peu les nomades : l'équilibre de part et d'autre est donc rompu, comment le rétablir ?


d. Rapports et relations entre les deux peuples

C'est le mouvement qui associe le temps et l'espace. Il est en quelque sorte une résultante de leur combinaison et concilie en eux les deux tendances opposées, de compression et d'expansion. Ces deux tendances se manifestent dans le mouvement lui-même sous les formes respectives :
  • du mouvement centripète, mouvement convergent pour la compression ;
  • et du mouvement centrifuge, mouvement divergent pour l'expansion.
Le mouvement alternatif des échanges peut porter sur les trois domaines : spirituel, psychique et corporel. En correspondance avec les "trois mondes" : échange des principes, des symboles et des offrandes. Telle est, dans la véritable histoire de l'humanité, la triple base sur laquelle repose le mystère des pactes, des alliances et des bénédictions.

e. Naissance de l’architecture

Ce sont naturellement les peuples agriculteurs, qui plus est, sont sédentaires, en viennent tôt ou tard à construire des villes. Il y a eu deux phases successives dans "la sédentarité", la seconde représentant par rapport à la première, un degré plus accentué de fixité et de "resserrement" spatial.
Les arts plastiques tendent directement à la "solidification" qui dans le monde corporel tel qu'il se présente à nous, atteint son degré le plus accentué dans le minéral lui-même. La vie dans les villes correspond donc à une sédentarité encore plus complète que la vie agricole. Le minéral est plus fixe et plus "solide" que le végétal. Le métal joue un rôle toujours grandissant dans la civilisation moderne "industrialisée" et "mécanisée".



III - LA CIVILISATION



De nombreux historiens, philosophes et intellectuels ont multiplié des recherches autour de la civilisation éclairant leur compréhension et expliquant les histoires des nations afin d'arriver vers une civilisation idéale pour le bonheur des hommes.


1° Approche occidentale


a. Approche rationaliste

Synonyme de la civilisation, la raison, pour les "rationalistes" européens de la Renaissance, englobe tous les domaines de la vie humaine. Pour eux, la raison explique la civilisation et lui donne ses véritables dimensions.
D'autres ont cru que la civilisation c'est l'histoire qui reflète le mouvement des nations et des peuples dans leurs conflits, leur culture et leur religion. Des rationalistes ont cru que la civilisation c'est la science expérimentale basée sur des découvertes. Il n'y a donc pas d'autre considération que la technologie. Certains autres expliquent que la vie repose sur des facteurs économiques de base d'où résulte la civilisation et affirment que la civilisation c'est l'économie.

b. Approche académique

Chez William HOLTZ, la civilisation est tout ce qui aide l'homme à accomplir son humanisme. TAYLOR, plus précis, avance qu’elle est toute méthode qu'accepte l'homme pour ses actes et ses réflexions. Pour DURAND la civilisation est un régime social qui aide l'homme à augmenter sa culture et elle commence là où s'arrêtent les troubles et l'inquiétude. Ceux qui se préoccupent de l'énergie ont essayé de limiter la civilisation à l'énergie et à ses moyens de contrôle.
De l'avis de TUYNBEE, la civilisation provient des religions. Pour lui, la meilleure civilisation est celle qui découle de la religion chrétienne catholique que dirige le pape. Seule la civilisation occidentale, et sans équivoque d’après lui, conserve l'étincelle divine de créativité.
Cette explication est également adoptée par Hans COHEN qui précise que la civilisation "moderne" est éternelle. Celle-ci ne connaîtra jamais de décadence parce que sa base, son origine et sa source sont l'étincelle de créativité.

2° Approche musulmane


a. IBN KHALDOUN

Sa définition du terme reste partielle et s'intéresse à l'état de culture, aux commodités de la vie, sa citadinité et aux âges des états.

b. Les contemporains

Des penseurs musulmans contemporains ont avancé une définition qui ressemble à un emblème assurant qu'il n'y a pas de doute que seul l'Islam est la civilisation. D'autres rejoignent cette définition emblème et ne reconnaissent pas aux autres nations le droit au terme de civilisation, car ces nations ont vécu et vivent un Ignorantissime manifeste (Djahililya).
Malik BENNABY essaye de lier la civilisation à la révélation divine. Pour lui, l'homme ne contribue à faire briller les lumières de la civilisation que lorsque l'au-delà est pris en compte concrètement dans sa présente vie.
Le Pakistanais A. A. MAWDOUDI définit la civilisation en tant qu'organisation de vie qui englobe tout ce dont est constitué l'homme et ce dont il a besoin sur tous les plans. Il définit la civilisation islamique en tant qu'ensemble des doctrines et des lois que Dieu a prescrit dans toutes affaires et domaines de la vie de l'homme.
NABHAN, de son côté, différencie entre civilisation et citadinité. La civilisation islamique se dresse sur la foi en Dieu, sa base est la conviction islamique.

3° Comprendre la civilisation

Une explication répandue fait de "civilisation" un synonyme de sédentarisation. La civilisation existe dans toute société même si elle est primitive, seulement les civilisations diffèrent entre elles par leur niveau : chaque groupement humain a une civilisation. L'unique différence entre les civilisations réside proprement en ce qui concerne les idées et les valeurs.
"La civilisation arabe pré-islamique" est une appellation valable où le terme civilisation ici désigne le rassemblement arabe d'une époque déterminée, sans préciser de prise de position envers ce rassemblement.
Par contre "Civilisation arabe Jahiliya pré-islamique" veut dire qu'une prise de position est précisée, clarifiant une position culturelle envers elle : les civilisations jahiliya sont celles qui ne pratiquent pas l'Islam.
La civilisation est une réaction et un reflet des actions de l'homme dans ce monde. La civilisation est le résultat de l'application de ces compréhensions dans des circonstances données, elle n'existe que par réaction.
De fait, la définition de la civilisation englobe trois types de facteurs, ceux essentiels, ceux substantiels et ceux humains à travers lesquels s’effectuent les réactions inter factorielles.
Les deux facteurs essentiels sont :
  1. la conviction ou l’idéologie dominante ;
  2. et la langue
Les facteurs substantiels, au nombre de deux également, sont :
  1. le lieu et l'environnement géographique où s’expriment ses facteurs essentiels ;
  2. le temps, facteur de base de son histoire.
La relation entre ces deux types de facteurs s’établie à travers les actions et réflexions de l’homme au sein du groupement humain auquel il appartient.
C’est en effet l’homme qui forme le pivot et le pôle d’articulation de tous les facteurs de la civilisation dans le temps et dans l’espace. Ainsi, la réaction inter factorielle de chaque civilisation s’effectue notamment à travers les éléments suivants :
  1. l'homme dans toutes ses dimensions corporelles intellectuelles et spirituelles orientées par l'ensemble de conception et de compréhension de la vie en tant qu'axe déterminant de toute civilisation ;
  2. le groupement humain, condition essentielle pour l'existence d'une civilisation ;
  3. la nature des dirigeants et des membres de la communauté ;
  4. l'organisation du pouvoir.
Cette définition pourrait favoriser le dialogue des civilisations.

CONCLUSION


Le progrès n'améliore pas l'environnement et l'espace humain s'est appauvri au maximum. L'état d'esprit de l'architecte s'est mercantilisé, cédant la place aux promoteurs où le seul problème posé est d'ordre quantitatif.
Pour Ricardo PORRO, la seule signification que l'on voit à l'architecture massive actuelle (la quantité, la machine...) signifie que l'homme, en tant qu'être responsable, pensant et sensible, ne compte plus.
Les architectes devraient pouvoir réactiver l'authenticité, car partant des directives principielles tout moyen actuel devrait être employé pour promouvoir et revaloriser un espace architectural et urbain authentique et actuel.
Retenons que l’architecture se distingue de la construction et de la sculpture de par l’intégration des dimensions civilisationnelles dans l’enveloppe formelle de l’espace. Les soucis de la construction et de la sculpture ne sont que des moyens pour l’architecture dont le souci est plutôt celui d’exprimer les facteurs de la civilisation dans l’espace.
L’architecture en est le miroir spatial d’une civilisation et l’histoire en est le reflet temporel.
Ainsi, les contenus obligatoires de l’architecture correspondent aux facteurs de civilisation dans une forte corrélation analogique traduite dans un double message, ceci de manière à ce que :
  • le contenu tradition manifeste les facteurs essentiels constants et de référence, son message s’exprime au travers les principes et finalités de la conception .
  • alors que le contenu médiat traduit ceux substantiels variables du lieu, des moments de l’histoire et des usages communautaires ou sociaux dans différents domaines de la vie, son message indique à ce niveau dans la conception les objectifs, les moyens, les techniques de construction et d’expression plastique.
Notons enfin que les contenus (celui immédiat, l’image superposée et celui de persuasion) ne sont que des contenus d’appui.

No comments:

Post a Comment