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dimanche 14 août 2016

L’ARCHITECTURE DE LA GRÈCE ANTIQUE

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C’est une architecture aux supports isolés : la colonne et le pilier.
Dès la fin du 7e siècle av. JC, les principes essentiels du portique, de la colonnade péristyle, des colonnades intérieures inspirent des réalisations aux vastes proportions.
L’histoire de la formation des bâtisseurs est liée à la nature et à l’évolution des matériaux primitivement mis en œuvre, le bois, la brique, les maçonneries de mœllons.
Des formes et des motifs, dans ces matériaux, ont gardé leurs aspects même après leur intégration à l’architecture de pierre.
Détachées de leurs origines et associées à un matériau pour lequel elles n’avaient pas été élaborées, ces formes se sont figées dans des types assez stricts.
C’est ainsi que les styles, ionique dorique et corinthien, ont conservé leurs éléments spécifiques.

1. Les styles classiques grecs

a. Le style dorique
« Une colonne dorique a une large base, avec des cannelures qui montent puis deviennent plus étroites vers le haut. Il y comme un petit coussin qui s’appuie dessus et une planchette de bois pour tenir le toit… » (PORRO).

Par son emploi exclusif de la composition linéaire, cet ordre assurait les mouvements entre les plans horizontaux et les éléments verticaux, depuis la base du soubassement jusqu’au sommet du fronton.
b. Le style ionique
La colonne et l’entablement ioniques ont associé aux simples structures architecturales des éléments de décoration empruntés à d’autres domaines.

Ici, le décor n’est pas seulement fonctionnel, mais s’introduit dans l’architecture comme dans les autres productions de l’art ou de l’artisanat.

« …la présence de la spirale logarithmique superpose une multitude de symboles : Emanation, Extension, Développement, Cyclique, Continuité, rapport avec la lune, les grands Cycles de la vie, etc. » (PORRO).

La spirale logarithmique c’est : « l’ordre de l’être au sein du changement qui est une sensation de permanence de l’être dans tout changement » (CHEVALIER).
c. Le style corinthien
L’intrusion des motifs décoratifs favorisa le développement de l’ordre corinthien aux dépens de l’ordre ionique, surtout pour l’aménagement des volumes intérieurs.
« L’acanthe représente les difficultés à vaincre par le héros … l’homme au juste milieu intelligent, car la colonne a toujours un rapport avec l’être humain en Grèce » (PORRO).

Cet ordre demeura pendant longtemps un ordre secondaire.

Vers la fin de l’époque hellénistique, il prendre place dans les grandes réalisations architecturales et être adopté dans les péristyles extérieurs.


2. Les couvertures et les toits
a. Les couvertures
Jouant un rôle secondaire, l’emploi de la voûte est limité aux constructions souterraines, dans lesquelles elle était contre-butée par le terrain lui-même.

A la fin de l’époque hellénistique, des portes monumentales voûtées apparaissent dans des ensembles architecturaux.
A partir du 3e siècle av. JC, il y’a de la couverture par grandes dalles inclinées, prenant appui sur leurs extrémités.
b. Plafonds et toits
L’emploi de la colonne et du support isolé entraînait l’usage général de la charpente pour les toits et de l’assemblage de bois et de pierre pour les plafonds.

Les péristyles des temples ont reçu une couverture par caissons taillés dans la pierre.
Sans adoption de la couverture en terrasse, il y’a généralisation des toits à versant, avec l’emploi des tuiles en terre cuite ou en marbre.

Dès la fin du 7e siècle av. JC, deux formes classiques de tuiles étaient fixées : le corinthien et le laconien.
La bordure du toit a fait l’objet de soin tout particulier, en terre cuite, sous forme de frises ou de coffrages, au sommet des édifices pour former des chenaux percés de gargouilles.
Son principe repose sur la ferme traditionnelle composée d’un entrait et d’arêtiers, complétée par des pommes et des chevrons.
Seules les tuiles de rives étaient fixées par des chevilles métalliques, destinées à caler l’ensemble de la couverture.
Les régions riches en forêts fournissaient les matériaux nécessaires dont le pin ou le sapin formaient la base des fournitures.
3. L’éclairage, le décor et la polychromie
Il y’a absence d’ouverture, hormis la grande porte, dans la plupart des temples.

Toutes les cérémonies du culte sont célébrées à l’extérieur, sur le parvis autour de l’autel ou en plein air.

Un plan d’eau produisait une luminosité par réfraction sur l’or ou l’ivoire de la statue.
Le décor est fonctionnel, s’adaptant aux éléments structuraux et soulignant leur intervention dans l’assemblage constructif.
Le triangle tympanal offrait une situation privilégiée pour une décoration sculptée.
Après le 6e siècle av. JC, de larges scènes furent évoquées en concentrant les personnages principaux au centre de l’espace tympanal.

La polychromie se justifie dans des pays gris, alors que la Grèce est un pays lumineux.

L’ESPACE ARCHITECTURAL GREC
 
L’architecte est un personnage cultivé et respecté dont le rôle est celui de traduire une structure sociale en structure spatiale.
C’est au cours d’une de ces traductions que nous assistons à la naissance de l’espace en tant qu’élément constitué, distinct et unitaire.
Ainsi, les acropoles apparaissent comme des simples accumulations de temples autonomes situés dans l’espace suivant des principes religieux méconnu.
Cette architecture est une « architecture d’objets » situés par circonstance, c’est une architecture topologique(LEBLOIS).

1. Rôle des architectes, conditions des chantiers et modes de construction

Pour les architectes, les contraintes résultaient de la rigidité des programmes, des règles d’art, des impératifs religieux attachés au terrain et des prescriptions dues aux constructions antérieures.

Les architectes soumettaient leurs projets sous forme de maquettes à l’approbation des organismes de la cité.
Les blocs courants étaient taillés conformément aux cotes inscrites en fonction desquelles et des maquettes l’architecte présidait à la réception des matériaux.

Dans une architecture aux procédés de construction simples et aux lignes géométriques, la rigueur de la taille et de la mise en place des matériaux est essentielle.

Les textes épigraphiques relatifs aux constructions indiquent des aspects des conditions, du mode de travail et de vie.

La technique se dégage des monuments eux-mêmes.

Dans les chantiers, les ouvriers sont groupés en équipe, liés aux matériaux dont ils ont l’habitude et travaillent sous la surveillance d’un chef d’équipe que contrôle l’architecte responsable de l’exécution.

Les versements des ouvriers sont effectués à leur chef de chantier dont le nom seul est mentionné dans les comptes.

Les diverses phases de construction d’un bâtiment sont connues.

a. Fourniture des matériaux

C’est le premier stade de l’entreprise alimentant directement le chantier.

Les commandes aux carrières sont passées en fonction du plan de l’édifice et de la destination de chaque pièce.

Le bloc, une fois extrait, est dégrossi en fonction des mesures et du dessin fournis par l’architecte chargé du contrôle.

Les blocs portent des marques fournissant les références des responsables.

Une fois livrés et acceptés sur le chantier, les blocs passent aux tailleurs de pierre pour une préparation à la forme définitive fournie par l’architecte.

Tous les raffinements de l’exécution sont réservés aux étapes suivantes de finitions.

b. La mise en place

La mise en place et l’assemblage des blocs est une importante opération, dans une architecture qui ne fait appel qu’au liaisonnement par scellements et goujons métalliques.

Ces masses sont parfois considérables dans les grands édifices religieux.

A la fin du 6e puis au 5e siècle av. JC, tous les édifices furent construits avec des procédés familiers à un peuple marin habitué au maniement des cordages.

Dans les murs, chaque bloc déposé sur l’assise inférieure était mis à sa place au moyen de rouleaux et de pinces.
Une fois l’assise terminée, son plan d’attente était ravalé et une coulée de plomb remplissait les interstices pour éviter les atteintes des infiltrations d’eau et empêcher les oxydations pouvant provoquer les éclatements de marbre.

Une coulée de plomb liquide était aussi amenée au centre de la colonne par un canal, creusé sur le lit d’attente du tambour en terre cuite.

L’architecte faisait numéroter les assises et les blocs de chacune d’elles.

Le plan du temple grec n’a pas changé à travers les diverses régions du monde méditerranéen.

La diversité réside dans la nature du matériau et dans les techniques de taille avec la forme des blocs et la structure des joints.

A l’époque dite classique, les blocs à quatre faces jointoyées sont préférés aux formes polygonales, avec une transition par l’appareil trapézoïdal avant l’adoption de l’appareil rectangulaire.

Les appareils d’assises horizontales accentuent les effets de force et de puissance, en particulier dans les remparts.

La finition est d’abord le ravalement des murs et le polissage des surfaces suivant les directives de l’architecte.

4. La cité

Cet espace urbain est purement résiduel et caractérise une agglomération d’accrétions et d’additions successives.
Lorsque les Grecs vont s’implanter à l’étranger, ils vont penser la ville comme un système conçu abstraitement dans l’espace et non plus concrètement dans le temps.

Ainsi, la réponse hippodamique consiste à considérer la ville entière comme un immense objet plein, rempli de maisons espacées de rues tramées régulièrement où les vides sont des espaces délimités avant leur apparition.

a.   La naissance de la cité grecque

Polis c’est la cité État, une communauté de citoyens autonomes, de métèques et d'esclaves.
Athènes est la cité des Athéniens et Sparte est la citée des Lacédémoniens.

Le caractère autonome de cette cité a été favorisé par le relief géographique limitant les communications et renforçant l'autarcie des cités.

En plus de la déterminante géographique, la notion de polis peut recouvrir trois réalités superposables 
·         une donnée sociale fortement structurée : le corps des citoyens ;
·         une donnée spatiale, qui noue la ville à son territoire et un écosystème ;
·         un État souverain, qui joue un rôle sur la scène internationale.

Dominée par une colline, qui devient forteresse (acropole), la cité se constitue lentement de plusieurs villages en un centre commun.
Les Grecs du nord n'ont pas intégré immédiatement la notion de cité.
Deux tendances de l'apparition de la notion de cité : l'époque archaïque ou au courant du deuxième millénaire, à l'époque mycénienne.
L'Odyssée, contemporaine de la naissance des cités et datant du VIIIe siècle, mentionne un lieu de rassemblement : l'Agora.
Après les « siècles obscurs » apparaît une nouvelle organisation de l'espace avec une plus grande place dans la ville ou autour d’elle.
Le 7ème siècle av. JC est marqué par une explosion démographique engendrant le phénomène de la colonisation.
Les facteurs religieux, à l'époque archaïque, servent aussi à marquer l'existence d'une communauté.
Apparaît également à l'époque archaïque le thème du héros fondateur ou plutôt un bienfaiteur.
La naissance de la cité grecque se fait en même temps que l'évolution des techniques militaires.
À l'époque archaïque, le « duel aristocratique » est remplacé par l’opposition de deux régiments d'infanterie, les phalanges.
La phalange militaire a joué un rôle dans l'émergence de la cité et a changé les rapports sociaux.
Elle interdit les comportements individuels et exige qu'un plus grand nombre d'hommes participent au combat soumis à une même loi.
Ceci contribue à la mise en place du phénomène de cité.

b. Localisation initiale des cités grecques et leur organisation

Les cités ne sont pas de taille importante à l'époque classique et se trouvent en Grèce continentale.
D'autres cités sont également dans les archipels égéens, en Crête et sur la longue côte de l'Asie mineure mais aussi celles de Carie, une région qui joue un grand rôle au 4ème s av. JC.
Le territoire était divisé en deux entités : l’Asti au centre et la Chôra, qui réunissant villages, friches et sanctuaires extra urbains.
Les remparts marquaient la limite entre agglomération et campagne.
Dans les cités à proximité de la mer, il y avait la Paralia, la côte et le port.
L'ensemble constituait le territoire poliade : Polis.
Une cité n'avait pas toujours de centre urbain.
Celui-ci était souvent établi selon des axes de circulation, voire selon un plan en damier plus tardif que la tradition attribue à HIPPADAMUS de Milet.
Il contenait une Acropole et une Agora laquelle, au centre de la cité, réunissait tous les caractères politiques, religieux et commerciaux, etc.
L'Acropole, fortifiée, avait une fonction religieuse et n’est plus le siège du pouvoir politique depuis le 6ème s av. JC.
Les citoyens vivaient dans la cité ou à la campagne, mais le gouvernement était tout entier concentré dans la cité.
La vie commune est consolidée par la référence à un même passé, à des héros, à des rites et lois partagées.
L'organisation de la cité relève trois principaux types de constitution : l'Oligarchie, la Tyrannie et la Démpcratie.
Le but étant de définir le meilleur concept qui allie la citoyenneté au mode d'organisation de la cité.

c. À l'époque hellénistique
Les Polis perdirent beaucoup de leur vitalité après les conquêtes d'ALEXANDRE le grand.
Cependant, Alexandre donne la liberté quand ses successeurs la garantissent.
Le thème de la « liberté des Grecs » peut aussi devenir un thème de propagande.
Les cités conservent la plupart de leurs institutions, leur traitement des étrangers, le service rendu aux citoyens.
L'expansion géographique du phénomène poliade est sans précédent depuis la période de colonisation archaïque.
Le principal changement est dans la politique extérieure des cités, perdant une large part de leur autonomie mais gagnent en sophistication dans leur gestion.
L'approvisionnement est une préoccupation qui mit au premier plan les mécènes et les bienfaiteurs.
Apparition de nouvelles alliances entre les cités, forme nouvelle de citoyenneté partagée.

d. L’Agora
Le plan du marché est un exemple d’un espace non constitué mais délimité.
Peu à peu le principe d’une galerie continue s’est fait jour sans jamais atteindre la totalité.
L’espace, fermé et orienté par le temple, commence à se constituer par des bâtiments qui se répandent par leurs portiques.

En définitive, il y’a mise en relation de l’espace architectural avec :
·         la pratique sociale ; 
·         l’avancement des connaissances, telle la géométrie ;
·         la construction elle-même ;
·         le mode de conception avec une absence de méthodologie mais un respect de modèles
3. Le temple grec

Classé en fonction du nombre de ses colonnes en façade, un temple est :
·         tétrastyle, à quatre colonnes ;
·          hexastyle, à six ;
·          décastyle, à dix ;
·          ou dodécastyle, à douze.

a. Concept

Le sanctuaire, téménos, « ce qui est découpé », en latin, templum « ce qui est consacré », est un espace sur la terre coupé, délimité pour devenir la propriété d’un dieu.
A l’origine, c’était une source, un bois, une grotte ; puis les Grecs construisent le temple pour abriter la statue du dieu.
Les fidèles n’entrent pas dans le temple puisque l’acte fondamental du culte, le sacrifie, est effectué à l’extérieur sur l’autel situé devant l’entrée principale.
Le modèle du temple grec est le produit propre à l’architecture grecque.

Il y’ a eu volonté de lui donner un volume et un équilibre s’intégrant dans les autres éléments indispensables à la célébration du culte :
·         l’autel pour les sacrifices ;
·         les esplanades pour les processions ;
·         les colonnades pour l’accueil des fidèles.
Le temple est un élément essentiel d’un ensemble, auquel il doit s’intégrer.
La chapelle isolée était de proportions réduites avant la mise au point des techniques nécessaires à la fabrication des grandes statues.
Les solutions des différents temples seront variées suivant les régions et les tendances locales.
L’absence du concept d’espace géométrique et de celui d’infini explique l’architecture des temples.
L’ordre est celui de pleins en non de vides, et le vide "entre" n’existe pas.
Les grecs employaient une démarche purement additive pour un grand temple à partir d’un petit modèle.

b. L’origine
Au début, le temple grec est aussi modeste que les premières habitations des hommes.
Puis, au 8ème siècle av JC, les temples sont construits en bois et en brique crue.
Ce n’est qu’entre la fin du 7ème siècle et le début du 6ème siècle av JC qu’apparaissent les premiers temples en pierre.
Certains éléments datant des temples en bois sont conservés dans les temples en pierre comme décoration.
Les statues des divinités, placées à l’intérieur des temples, étaient elles aussi en bois, xoana, avant d’être réalisées en marbre ou en bronze.

c. Le plan

On désigne les temples également par leur plan.
La plupart des temples sont rectangulaires, sauf le temple rond, appelé « tholos ».
Orienté en direction de l’est, l’entrée se trouve face au soleil levant qui éclaire la statue du dieu placée devant la porte.
Le plan-type rectangulaire, avec un vestibule, est appelé plan mégaron, du nom de la salle principale des palais mycéniens dont il reprend la configuration.

Le temple est constitué de deux parties :
·         le sékos qui est fermé et réservé au dieu ; il est formé :
·         du pronaos, vestibule ;
·         du naos, lieu l’on place la statue du dieu ;
·         de l’opisthodomechambre de derrière sans communication avec le naos, lieu où l’on entrepose le trésor et les offrandes ;
·         de l’adyton, ou abaton « endroit où l’on ne va pas », où se déroulent des cérémonies secrètes ;
·         le péristasis, ou péristyle extérieur, qui est ouvert.
L’ensemble repose sur une plate-forme, la crépis, de trois degrés dont le troisième degré, le stylobate, porte la colonnade entourant le sékos.
  • Le temple périptère

C’est un temple entouré de colonnes sur chacun de ses côtés
Un temple diptère est un temple périptère à double colonnade.

  • Les autres plans de temple

·         Le temple in antis possède deux colonnes en façades entre les antes, le prolongement des murs ;
·         Le temple prostyle est doté d’une colonnade sur la façade principale ;
·         Le temple amphiprostyle a une colonnade sur chacune de ses deux façades ;
·         La tholos est un temple rond.


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