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dimanche 30 septembre 2018

LES APPROCHES D'ANALYSE URBAINE

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Des approches, propres au monde des objets et espaces construits, ont été développés et ne cessent d’évoluer ; Elles offrent les outils les plus appropries pour l'analyse des espaces et objets construits.

LES APPROCHES D'ANALYSE URBAINE

  1. L'approche fonctionnaliste

avait dominé la théorie urbanistique longtemps et s'est étendu durant la première moitié du 20 siècles, à une époque ou la fonction était au cœur de toutes les sciences, véhiculant par là, la suprématie de la nature et de l’environnement sur l'homme, exprimée en terme de déterminisme (Biotechnique). A l'époque où toute les sciences puisaient leurs références dans les sciences naturelle : la théorie évolutionniste de Darwin, celle de Freud, la théorie déterministe, de la géographie classique, celle de l’ethnologie classique, la nostalgie, de la cabane primitive en architecture, toutes s’inspirent de la même logique, celle qui tend à primer la force dont la nature dispose à produire des faits propres à l’homme et à son univers
la 2éme moitié du 20ème siècle, devait voir surgir en réaction à l’égard de l'hégémonie du fonctionnalisme , un mouvement scientifique, qui substitue la culture à la nature et le concret, (produit social) à l’imaginaire. 
Une vraie révolution, qui bouleversa toutes les théories et les approches admises jusqu’ici. L'urbanisme et l'architecture en bénéficièrent au même titre que les autre sciences .
Parmi les approches qui suscitent beaucoup d'intérêts actuellement à l'analyse urbaine

a) L'approche structuraliste, traduite en partie par la méthode typo-morphologique :

Une approche qui a mûri au sein de l'école Italienne, développée essentiellement par ses principaux adeptes : CANNIGIA , MURATORI , ALDO ROSSI ... et qui ne cesse d'évoluer. Une approche qui tout en considérant l'espace construit selon une vision systémique, où s'enchevêtrent plusieurs composantes, considère l'espace construit à un degré précis, comme système autonome, fonctionnant selon une logique et des mécanismes propres à lui .
Il est considéré dans sa structuration, en terme de système relationnel, lié à des mécanismes de mise en relation .

b) L'approche systémique :

Où l'espace est considérée en terme d'ensemble cohérent dans sa dynamique selon un
mouvement, impulsé par des échanges, et animé par des phénomènes d'interaction et des mécanismes de croissances. Ne pouvant montrer dans les détails, et apprécier tous les outils qu'une telle approche dispense, nous recommandons l'ouvrage de Phillipe Panerai et collectif, " éléments d'analyse urbaine " qui a réussi à présenter dans un esprit de synthèse tous les axes que développent ces approches .

c) L'approche paysagiste :

Une approche qui a mûri au sein de l'école américaine, développée essentiellement par KEVIN LYNCHE et ses adeptes, une approche qui ne cesse d'évoluer à son tour .
Elle considère l'espace, selon un rapport de communication de l'homme et de l'espace celui de la perception visuelle .
Elle développe ses propres outils et cadres en parfaite liaison avec les phénomènes
de perception; et trouve son extension dans les domaines de la psychologie et de la sémantique de l'espace .

d) D'autres approches se développent actuellement et animent et enrichissent la théorie
urbanistique et architecturale notamment celle que développe :

L'approche anthropologique :

Qui considère l'espace selon un rapport de l'homme à l'espace celui de la pratique, qui confère à la pratique sociale sa dimension spatiale. Parmi les adeptes de cette école, EDWARD . T . HALL, auteur d'un. ouvrage de référence intitulé " la dimension cachée ". L'espace est conçu en terme de produit socioculturel relevant des modes de représentation socioculturelle .

L'approche culturaliste:

Une approche que développe, actuellement un de ses adeptes C. NORBERG CHULTZ et d'autres adeptes. Son objet s'articule essentiellement autour de la théorie du lieu .
Ce sont là quelques approches que nous avons évoquées à titre d'exemple, qui sont développées dans les différents ouvrages de références cités, liés à ces différentes écoles Par ailleurs, nous ne pensons pas que les différentes approches puissent être contradictoires; elles sont plutôt complémentaires, chacune d'elle privilégie une dimension particulière qui ne fait que consolider et compléter l'autre. Elles traitent en effet, de l'espace dans toutes ses dimensions, celle du conçu, du construit, du perçu et du vécu .

La démarche méthodique :

La démarche globale se décompose en plusieurs phases :

  • a) Phase de l'observation, identification, qui nécessite des techniques d'investigation et des outils appropriés .
  • b) Phase de traitement et mise en valeur des données, selon les techniques appropriés .
  • c) Phase d'évaluation, celle de l'analyse et interprétation des données, selon les approches appropriés .
  • d) Phase de la proposition, qui relève des résultats de l'analyse, lecture et interprétation et l'analyse de conceptualisation .
Les échelles préférentielles sont
  • a) 1/2000 pour l'entité urbaine en matière d'évaluation et proposition d'un schéma de structure et d'organisation .
  • b) 1/1000 pour la section d'intervention, en 'Matière de proposition d'un plan de masse .
  • c) 1/500 échelle intermédiaire, pour vérification et précision .
  • d) 1/200 proposition à l'échelle de l'objet architectural .
De l'objectif au subjectif

En effet, le problème que continue à poser la réflexion en architecture et en urbanisme, est celle de reconnaître la part ou la limite de l'objectif .
Les fonctionnalistes ont voulu assimiler l'architecture à une science exacte, dans le sens où la forme était conçue comme le produit de deux variables d'une équation à savoir les besoins et les conditions de création. Ils ont réduit à la fin le problème de la forme à une équation mathématique, mais ils se sont heurtés à la fin, pour tomber dans le piège d'un mysticisme intuitif .
Or une telle attitude démunit l'architecture de sa dimension humaine et artistique qui est très complexe .

Par ailleurs, ne considérer que l'apport de l'intuition et tomber dans l'extrémité du subjectif, remettrait en causes tout le précédent scientifique acquis par l'architecture et on aurait plus 'à nuancer l'œuvre d'un architecte de formation de celle d'un profane .

Nous considérons en effet que le résultat global et final d'un projet urbain et architectural est produit par le croisement de deux systèmes de références différents. L'un extérieur qui se veut objectif dans le sens où il résulte d'une analyse selon des règles et méthodes scientifiques et objectives;l'autre intérieur et subjectif, celui que véhicule l'architecte qui résulte de la mémorisation interne de toutes les connaissances, valeurs, savoir-faire et informations acquises personnellement par l'architecte, consciemment ou inconsciemment, émanant des différentes sources de socialisation et d'apprentissage, système désigné par certains par la fameuse boite noire .

C'est ainsi que le projet est produit à la fois, par une réflexion objective et par une intuition structurée qui témoigne de l'empreinte propre à l'architecte, à son temps et à son espace ( culture) .
Une intuition structurée dans le sens où le système de références propre à l'architecte ne peut être assimilé à celui, d'un profane , du moment qu'une bonne partie de ce système est composée de références acquises consciemment, sélectionnées et concernent

directement l'objet. Selon ce juste milieu, la forme finale de l'objet ne peut être appréciée en soi, au risque de tomber dans une appréciation subjective; mais c'est la cohérence du processus et celle du discours, en terme de rapport entre la réflexion et le produit final. C'est le rapport de l'analyse au produit final du projet qui peut être jugé, par rapport à son
degré de cohérence ou d'incohérence .

référence: Brahim Benyoucef , Analyse Urbaine élement de méthodologie, OPU, 1994

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